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Exemple d’expertise / projet de restauration totale

Projet 885050

jeudi 15 mars 2007, par C&SC

Marque : Jaguar

Modèle : Type E coupé Série 1 3.8 L

Année : 1961

N° de série : 885050 (le 50ème coupé Type E en conduite à gauche !).


{Un coupé Jaguar Type-E très précoce, à planchers plats, le 50ème LHD}

Examen du véhicule avant restauration :

Présentation

Véhicule présentant bien, roulant (venu sur ses roues du Havre à Paris), mais à restaurer entièrement.

Carrosserie

La peinture est terne mais uniforme et sans bulles. Les ouvrants (portières, hayon, capot) sont correctement ajustés. Il y a une corrosion perforante sur les 2 bas de caisse et les arches de roues arrière. A l’inverse, les planchers avant et arrière (plats à l’avant sur ce modèle) et le capot paraissent en bon état. La voiture n’a pas pu être mise sur un pont élévateur avant son achat (ce qui est toujours préférable), mais elle semble très saine.

Les chromes sont en bon état pour une auto de 44 ans mais légèrement piqués.

Intérieur

L’intérieur est en très bon état de présentation (restauration antérieure). Les sièges ont été regarnis en vinyl lors de la restauration partielle alors qu’il devraient être en cuir Connolly. Certaines parties de sellerie ne sont pas réalisées correctement.

Vue cavalière de l'intérieur, montrant un bon état général Vue cavalière de l’intérieur montrant le bon état général

Vue du tableau de bord - Radio d'époque Tableau de bord (avec poste radio d’origine)

Mécanique

Moteur, vue carbus Vue du moteur, coté carbus

Hormis un problème d’allumage qui limite le régime moteur à 3000 tr/m, l’auto fonctionne normalement. Une légère fumée bleutée traduit une consommation d’huile excessive. Toutefois, la voiture ne chauffe pas et les vitesses passent bien.

Les freins, quant à eux demandent une certaine anticipation. On constate aussi quelques problèmes électriques ça et là (moteur d’essuie-glaces entre autres).

Il s’agissait donc, à l’inspection d’une auto en bon état (presque) d’origine, saine pour son âge, en état de fonctionnement et dont la rareté et l’historique justifiaient des travaux de remise en état. Seul l’examen approfondi lors de ces travaux permettraient de se faire une idée de l’état réel de cette auto.

Détail de la restauration entreprise :

L’option choisie par notre client est une restauration totale, incluant quelques modifications (boîte de vitesses, allumage électronique, freins plus puissants, etc… ), ceci dans le cadre d’une éventuelle utilisation quasi quotidienne du véhicule.

Compte tenu du caractère très particulier de cette voiture, la 50ème Type E construite en conduite à gauche, il est toutefois décidé de garder au maximum son authenticité à cette auto :

- Boîte Jaguar,
- circuit de refroidissement amélioré,
- allumage plus fiable,
- freins plus efficaces.

Mais aucune modification irréversible et les pièces d’origine non utilisées seront conservées afin de pouvoir rétablir l’authenticité de la voiture.

Les 500 premières Type E étant des modèles de pré-série, assemblés pour la plupart à la main avant que les chaînes de production ne soient pleinement opérationnelles, elles se distinguent du reste de la production par de nombreuses particularités.

- Fermetures extérieures de capot sur les tout premiers modèles,
- planchers plats,
- casquette de tableau de bord plate,
- pas de récession derrière les sièges,
- ouies de capot rapportées et non embouties,
- habillage du tableau de bord spécifique,
- peinture de culasse différente,
- carter moteur lisse, etc, etc…

"Flat floor", planchers plats des premières Type E Plancher plat des premières Type E

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Casquette

Casquette de tableau de bord plate

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Couleur culasse

Culasse couleur “Pumpkin”

Carter lisse Carter moteur lisse

Démontage complet :

Le démontage peut commencer. Un examen attentif de chaque pièce et de sa fixation est nécessaire. Un des objectifs , lors de cette restauration, est de conserver les particularités qui caractérisent 885050.

Première surprise lors du démontage de la partie avant : Le capot et les pare-chocs avants ne sont pas d’origine.

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Fixation pare-chocs

Fixations des pare chocs par l’extérieur, signant un travail d’après 1966

En effet, sur les Type E 3.8 L et les premières 4.2 L, les pare chocs avant se fixent par l’intérieur du capot. Les fixations par l’extérieur n’apparaissent en production que courant 1966 (à partir du n° de série 1E32009). La voiture a très probablement été victime d’un choc avant et les éléments ont été remplacés.

Un examen approfondi du dessous vient confirmer cette hypothèse : Mauvaise surprise… les deux tours Eiffel sont pliées sur leur partie inférieures. Elles devront être impérativement remplacées !.

Par contre, comme nous l’avions pressenti, l’état des planchers avant et arrière est exceptionnel. Il n’y a pas de rouille et c’est excessivement rare pour des autos de cet âge et alors que, dans les années 60, les traitements anti-rouille étaient inexistants.

Planchers plats arrière Etat des planchers : il n’y a pas de rouille

Le démontage continue : La caisse devant être sablée, tout doit disparaître !. Ainsi, après le démontage du capot, il faut passer à l’intérieur. Sellerie, garnitures, ciel de toit, circuit électrique, intérieurs de porte, etc…

Intérieur avant dépouillé L’intérieur est deshabillé...

Complètement dépouillé. ... complètement deshabillé

Avant de passer à la mécanique proprement dite, il reste la partie arrière à démonter : Réservoir d’essence, pompe à essence, feux et pare-chocs arrières, etc… sans oublier tous les joints !.

Joints de porte..sans commentaire

En 40 ans de bons et loyaux services, la plupart d’entre eux s’effritent et se déchirent au décollage. Mais bon…de toutes façons, ils étaient à changer !.

Fond de coffre, réservoir démonté

Pour des raisons pratiques, le train arrière est démonté en dernier. Ceci permet de bouger la voiture jusqu’au dernier moment.

La mécanique

Il est temps de passer à la mécanique et il faut d’abord vérifier tous les numéros de la voiture (les numéros moteur et châssis avaient bien sur été vérifiés lors de l’achat).

Verdict : C’est une vraie “Matching Numbers” !. Tous les numéros correspondent à ce qui est inscrit sur la plaque constructeur. Ce qui veut dire que le moteur et la boîte de vitesse sont ceux qui ont été montés d’origine sur ce châssis en 1961. Certains numéros sont inscrits à la craie sous le garnissage des ouvrants, ils servaient de repère lors de l’assemblage de l’auto à l’époque et c’est le deshabillage qui les découvre.

Plaque constructeur Plaque constructeur : tous les numéros sont visibles et vérifiables

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N° de châssis

Numéro de châssis

N° de boite de vitesses Numéro de boite

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N° de moteur

Numéro de moteur sur la culasse

Démontage de la mécanique et du train avant :

Le démontage du bloc moteur est une opération simple mais….sale. Le mot cambouis prend ici toute sa valeur !. Lors du démontage, toutes les pièces maîtresses sont contrôlées (bielles, pistons , vilebrequin, bloc...) avec précision. C’est un travail de professionnel et du matériel de précision est nécessaire. Les autres pièces d’usure (pompe à huile, chaînes de distribution, coussinets, etc…) sont systématiquement remplacées par des éléments neufs.

Le bloc de distribution a souffert de la rupture d’un patin

Au cours du démontage de la distribution, nous notons que la chaîne inférieure vivait certainement ses derniers instants !. En effet, le tendeur est en bout de course et complètement usé. Un des patins de chaîne est cassé (depuis combien de temps ?) et la chaîne inférieure a commencé à entailler le bloc moteur !.

Les bielles et pistons sont sortis du bloc et le vilebrequin est à son tour libéré. Premier travail, nettoyer les passages d’huile. Une fois les bouchons déposés…. on constate l’ampleur des dégâts !. 90% du passage d’huile est obstréé.

Le passage d’huile du vilbrequin est obstrué à 90%

Ceci est dû en grande partie aux huiles de l’époque, non détergentes. Que dire sur la pression d’huile moteur dans ces cas là…. La prise de mesure est plutôt positive. Les paliers de bielles et de vilebrequin sont aux côtes d’origine et en très bon état. Pas besoin de rectifier. Par contre, la flèche du vilebrequin dépasse les tolérances constructeur (mesurées en 100ème) et il devra être remis en ligne.

Le bloc est dans un premier temps dégraissé puis détartré. Afin de le nettoyer au mieux, toutes les pastilles de sablage sont déposées. Les fûts de cylindre sont eux aussi en côte d’origine, tout comme les pistons !. Par contre, ils devront être remplacés car 3 d’entre eux ont un jeu excessif. Le bloc devra être réalésé à la côte supérieure.

à suivre...

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4 Messages de forum

  • Exemple d’expertise / projet de restauration totale

    29 mars 2009 13:04, par christian arras

    Bonjour j’ai parcouru votre site, je suis impressionné par la qualité du travail réalisé sur ces voitures de légende que vous faite revivre..ouah.. !! respect.. !! j’ai une Audi coupé V6 quattro de 94 en très bon état que j’aimerai conserver et rafraichir, intérieur, extérieur et mécanique, le problème, je suis de Lyon, comment faire une estimation des travaux que je souhaite effectuer ? est ce que ça vaut le coup d’engager de tels frais sur ce type de voiture, cependant très peu vu, mais pas encore collection. Cordialement.

    Christian Tel : 06 61 79 92 22

    Répondre à ce message

    • Bonjour,

      Il est difficile de dire si ça "vaut le coup". L’important est de savoir si vous êtes attaché à cette auto et à lui redonner un coup de jeune. Ces autos ont un avantage c’est que leur méanique ne fait pas (trop) appel à l’électronique, cette part de la rénovation peut donc être faite par un mécanicien sans usage des ustensiles modernes. Vous trouverez certrainement chez Audi des gens capables, mais aussi avec les prix "Audi"...
      Pour la sellerie, il est moins onéreux de demander à un sellier indépendant.
      Sellerie ou mécanique, les pièces de remplacement existent certainement encore.

      Bien à vous
      BC

      Répondre à ce message

    • Exemple d’expertise / projet de restauration totale 7 septembre 2009 16:35, par edouard

      Est elle a vendre votre audi ?

      j’ai une Audi coupé V6 quattro de 94 en très bon état que j’aimerai conserver et rafraichir, intérieur, extérieur et mécanique, le problème, je suis de Lyon,

      Répondre à ce message


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