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XK 60 - Les 60 ans de la Jaguar XK

Classic & Sport Cars en Angleterre

dimanche 19 octobre 2008, par C&SC

XK60 ce n’est pas la moitié d’une XK120.

La Jaguar XK120 a été présentée au salon de Londres (London Motor Show) de 1948.
Soixante ans que cette icône automobile qui a réellement lancé la carrière sportive de Jaguar a fait son entrée dans le monde automobile !

On pouvait s’attendre à ce que les amoureux de la belle auto et de l’automobile classique que sont les Anglais fêtent l’événement avec faste. Les clubs automobiles anglais sont souvent de grosses machines bien huilées (et souvent rentables) ce que sont rarement nos associations « Loi 1901 ».

Classic & Sport Cars, spécialisé en voitures anglaises classiques et surtout en Jaguar, ne pouvait pas manquer cela.

C’est un coupé 1954 qui a fait le déplacement.


La voiture

Mon coupé XK120
XK120 FHC 1954, N° de châssis 681467

Cette XK120, un coupé de 1954, a un historique intéressant.


XK120 Coupé de 1954, châssis 681467, livrée neuve à Delecroix Paris en mai 54 (selon son certificat du Jaguar Daimler Heritage Trust) avec comme premier propriétaire la Société des Stylos Bic. On peut penser qu’elle ne servait pas à livrer des pointes Bic et qu’elle était plutôt conduite par le Baron Bich lui-même. Elle a ensuite appartenu à Jean-François Renaut (président fondateur du FJDC), puis à Pierre Bardinon (Circuit du Mas du Clos) avant d’aller faire un tour en Italie (dans un automusée), puis de revenir quelques années en Angleterre où je l’ai trouvée.


Tableau de bord en loupe de noyer
Le tableau de bord des coupés est très proche de celui des berlines

C’est une voiture qui roule avec une bonne patine ancienne, pas un modèle de vitrine. Sortie d’usine de couleur Battleship Grey avec intérieur gris, elle a subi une restauration au moins esthétique au cours de sa vie et elle est maintenant noire, intérieur rouge.

La voiture est en très bon état, mais pas en état "concours".

Alors quand, l’année dernière, j’ai vu que l’XK Club organisait un grand raout sur le circuit de Goodwood, au sud de l’Angleterre en août 2008, je me suis dit que ce serait une bonne occasion d’utiliser ce à quoi cette auto est destinée : rouler et voyager.
La 120 n’est pas ma première « collection », ni la seule. Une Jaguar Mk2 3.8 litres de 1964 avait inauguré la série, une Type E 3.8 est en restauration (après une série 2 2+2 qui a fait un bref passage). Bon, il est vrai que quand on commence une collection, on collectionne.
Cette 120 c’est une ligne époustouflante, presque plus en coupé (FHC ou Fixed Head Coupé pour les anglais) qu’en roadster (Open Two Seater OTS).

XK-Club et E-Type club ont été fondés par Philip Porter, écrivain spécialisé dans les automobiles. Grand connaisseur de Jaguar et possesseur de quelques exemplaires marquants en particulier les premières Type E. Ces deux clubs sont dédiés à un seul modèle d’auto : Le XK-Club aux trois déclinaisons XK (120, 140 et 150), mais les rares dérivées (C-Type, D-Type et XKSS) ne sont pas rejetées ; l’E-Type Club aux trois séries de Type E.

- Fin 2007 et surtout début 2008 la décision était prise, j’y vais. Feu vert de C.QIFE (celle qu’il faut écouter) qui, pour une fois accepte de faire le voyage d’un grand week-end dans cette petite auto assez peu faite pour les nombreux bagages. Les réservations sont faites avec l’aide du club (et d’une agence affrétée pour), hôtel aussi bien qu’entrée sur le Circuit pour vendredi 8 et samedi 9 août 2008.

- Un mois avant, on fait le tour de la voiture qui roule assez régulièrement pour ne pas avoir besoin d’une remise en route. Les pneus sont neufs, les freins équilibrés, on refait une vidange, le compte-tours et le compteur de vitesse sautent un peu, mais on décide d’attendre pour remédier à ça.
Un mois d’utilisation quotidienne pour mettre la machine à l’épreuve qui objectiveront des saloperies dans le réservoir avec une carburation encrassée : il faut démonter la ligne d’alimentation essence et rincer plusieurs fois le réservoir.

- Une semaine avant : vérification des réservations : bateau Dieppe – Newhaven et hôtel. Déclaration du déplacement à la préfecture (la 120 est immatriculée en collection), c’est probablement la dernière fois, en 2009 les « collections » n’auront plus de restrictions de circulation. On refait un tour de la voiture, les niveaux, la batterie, le serrage des roues (fils), on prépare le minimum vital de la réparation (non, pas seulement une corde de remorquage et un téléphone portable). Je ne suis pas mécanicien de métier, mais je peux faire deux trois petites choses.
Je prends quand même : Un bidon de 5 litres d’essence, 2 litres d’huile et 2 litres de liquide de refroidissement, un flacon de liquide de freins, une trousse à outils (celle de la voiture) complétée d’un ou deux outils modernes, de fil de fer, de ruban adhésif, du substitut de plomb, deux bombes anti-crevaison, le maillet et le cric pour changer un pneu au cas où, des gants et des chiffons. Et un extincteur sans oublier gilet et triangle.
Les vêtements posent un petit problème étant donné le peu de place disponible dans la voiture et malgré la Véronique amovible récemment achetée : quel temps va-t-il faire ?

- Départ le 7 au matin, dans les embouteillages matinaux de la région parisienne. Deux cent quarante Km à faire. La voiture roule bien. Compte-tours et tachymètre ont été déconnectés, les aiguilles sautaient un peu trop, un moderne GPS (honte à moi) fait office de navigateur et de célérimètre, mais cela prend moins de place que des cartes à déployer dans un habitacle exigu. Les autres voyants fonctionnent parfaitement. Après 3 heures de route (80 de moyenne, embouteillages et arrêts pipi compris) c’est l’arrivée à Dieppe où on rencontre un mini convoi d’italiens qui vont aussi à Goodwood (une 120 OTS, un coupé 150 S, et une Type E série 1).


Une file d’anciennes à l’embarquement

On embarque. Les manœuvres de rangement dans le bateau sont un peu laborieuses sans les modernes directions assistées.

La panne

(si, ça nous arrive aussi)

Après trois heures de traversée, le débarquement n’a pas été ce que j’espérais. Au signal des employés, la voiture répond normalement à la pression du démarreur, fait quelques mètres et puis s’arrête. Impossible de redémarrer, y compris après la poussette des marins sur la rampe.
Une fois sur le quai, et malgré l’agitation et le va et vient bruyant de ceux qui embarquent, il devient évident que le tic-tic-tic de la pompe à essence SU ne se fait pas entendre. Elle est récalcitrante à toute sollicitation, même en tapant dessus (manœuvre bien connue des possesseurs d’anglaises) et aucune essence n’arrive aux carburateurs. Ma femme s’énerve, le port est désert.


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La solitude de la panne sur le port de Newhaven

La grande solitude de ma voiture en panne

J’appelle l’assistance (comme quoi, le téléphone…). La voiture est transportée dans la charmante station balnéaire d’Eastbourne (très calme et très troisième âge) où nous passons la nuit.
Grâce à l’Internet et à mon smartphone, j’arrive à trouver un garage spécialisé en voitures anciennes à côté. David Jentree et ses boys confirment mon diagnostic : ce n’est pas le système électrique qui est défaillant, mais bien la pompe elle-même et pourtant elle a été récemment changée. Une autre pompe (pas tout à fait la même) est rapidement mise en place et la voiture est fonctionnelle. Ça c’est l’Angleterre, on peut trouver un garage d’anciennes à moins de 10 Km et les pièces sont suffisamment communes à toutes les productions des après-guerre pour simplifier les réparations.

- Arrivée à Goodwood quelques heures plus tard que prévu, mais arrivée tout de même.
Sur la route, déjà des Jaguar anciennes en nombre croissant, des XK surtout, de Grande-Bretagne et d’ailleurs en Europe et même trois américains.


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Le portail de Goodwood

Le portail de Goodwood. L’entrée est à gauche !

Le portail bien connu de Goodwood, le terrain d’aviation de la seconde guerre mondiale au milieu et des XK partout : près de 500 XK, plus de 150 Types E, sans compter les autres Jaguar, même des SS, les ancêtres des Jaguar, et les répliques. En tout, on dépasse les 1000 voitures anciennes.

A l’intérieur,

Quatre parkings sont nécessaires pour placer toutes ces voitures. Un pour les 120, un autre pour les 140, les 150 et un autre pour les autres Jaguar ou autres. Quasiment personne n’est venu en « moderne ».

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Au parking

Dès l’arrivée, des anciennes partout

L’ambiance est à la garden party typiquement anglaise pour gens de bonne compagnie : blazers et Panama pour les hommes (la casquette Jaguar est tolérée), robe de coquetel et bibi pour les femmes. On est loin de la kermesse moules-frites qui a aussi de bons côtés mais serait déplacée dans cette verte campagne anglaise dans une réunion Jaguar et pas loin des établissements Rolls-Royce (sis à quelques centaines de mètres).

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Alignement de "120"

Une série de 120

Même le petit village commercial est de bon ton avec les stands des clubs XK-Club et E-Type en tête (organisateurs obligent), des restaurateurs (de voitures) et leurs réalisations, quelques fournisseurs de pièces détachées et d’automobilia, et les traditionnels détaillants de vêtements adaptés et de style.
Côté participation, certains font mieux que d’autres. Les Suisses sont impressionnants d’organisation et de coordination par exemple avec près de cinquante voitures, alors qu’il n’y a que 5 voitures françaises. Les anglais sont, bien sûr les plus nombreux.


Des 120, encore des 120...


Un tel rassemblement a attiré des voitures qui roulent, pas des trailer queens (reines de remorque). Des voitures capables de venir de toute l’Europe, de tous les modèles, des début de série et des banales, des modifiées et puis d’autres anciennes de l’Aston DB6 de 65 à la Bentley 4.5 litres immatriculée le 31/12/1928.

Samedi 9 août 2008

Un vrai temps anglais


Le temps magnifique du matin est progressivement devenu typiquement britannique : frais, venté et pluvieux. Ce qui n’a pas rafraîchi les ardeurs des visiteurs, d’autant que le terrain est bitumé là où sont les voitures, loin de la bouillasse qu’on connaissait à Montlhéry sous la pluie.


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Camion Commer sous la pluie

Tour de piste sous la pluie du camion Commer de l’écurie Ecosse


C’est le grand jour celui des festivités. Les tours de pistes pour les engagés, les baptêmes de piste (comme passagers) pour les novices se poursuivent. Quatre veinards gagnent des tours de piste avec Sir Sterling. Le grand (1,60 m) Sterling Moss, toujours vif et alerte, a écrit de glorieuses pages avec une XK120 au début des années 50, mais LWK 707, sa compagne des records de Montlhéry en 1952, n’est pas là alors que NUB 120 (appartenant au JDHT), celle du Rallye des Alpes a fait le déplacement.

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NUB 120

NUB 120, probablement la 120 la plus célèbre des XK120

La poursuite de la visite des stands et des voitures présentes permet de découvrir quelques perles (XK ou autre). Un des tout premiers OTS alu (660004) qui a couru en Australie et en vient spécialement d’ailleurs.


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XK120 Alu

Ce roadster alu a fait le déplacement depuis l’Australie

Deux raretés suisses, deux coupés 150 recarrossés : l’une en shooting break (break de chasse) qui servait de remorqueuse à un pilote privé et un fastback adapté pour avoir plus de place pour les enfants, mais un moteur tellement amélioré (selon des spécifications usine) par son premier propriétaire qu’il a harcelé l’usine Jaguar pour y installer secondairement un compteur allant jusqu’à 200 mph (320 Km/h).


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Shooting break 150

Break de chasse XK150



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Coupé 150 survitaminé

Un coupé modifié et gonflé au compteur gradué jusqu’à 200 mph



Dans les machines de course, de très nombreuses Type C et Type D authentiques, l’Ecurie Ecosse (presque au complet) accompagnée, pour ne pas dire amenée par son camion caravane Commer de 4.2 litres de 1960.


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L’écurie Ecosse

L’écurie Ecosse à la parade

Dans la famille Jaguar, deux des toutes premières type E série 1 à fermeture extérieure du capot, dont 9600 HP, la toute première type E dévoilée au salon de Genève en 1961, totalement refaite depuis et qui appartient à Philip Porter.


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9600 HP : la première Type E

9600 HP, la type E du salon de Genève, la première dévoilée

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Une Type E à "outside latches"

Dimanche 10 août 2008

Les rejouissances continuent et donnent lieu à une réunion annexe pour les types E, mais je ne reste pas. Il faut rentrer pour reprendre le collier lundi.

Au total

Une belle manifestation, organisée de manière très professionnelle par des clubs professionnalisés et bien structurés et des participants impliqués et nombreux. Une culture de la voiture ancienne qu’on n’a pas encore tout à fait en France et des structures adaptées avec parkings macadamisés, et abris suffisants, sans parler des commodités si chères aux dames qui font encore plus regretter l’abandon de Montlhéry.


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Les autres Jaguar

Tout le monde était en "anciennes"


On peut regretter que nos compatriotes n’aient pas été plus nombreux et que les clubs français ne se soient pas plus impliqués. Nous sommes les plus près et nous étions les moins nombreux.

Dernière heure

Le retour s’est fait sans encombre après plus de 720 Kms avec 120 litres d’essence. Le moteur XK s’est comporté vaillamment, permettant à cette auto de plus de 50 ans de participer normalement à la circulation actuelle.

Deux autres enseignements peuvent être tirés de cette aventure sur le plan mécanique.

- Correctement maintenues ces voitures sont tout à fait capables de nous emmener loin et en sécurité. Ce n’est pas étonnant, elles étaient faites pour ça.

- Une panne peut toujours arriver, mais cet inconvénient est contre-balancé par la relative simplicité du dépannage mécanique de ces anciennes par rapport aux voitures modernes "tout électronique". La mécanique ne tombe plus en panne, mais un défaut électronique est largement plus difficile à réparer
C’est un vrai avantage des voitures anciennes.

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2 Messages de forum

  • XK 60 - Les 60 ans de la Jaguar XK

    20 octobre 2008 21:34
    super ton reportage avec des photos qui font envie ; pour la panne c’est normal ; moi meme je suis tombé en panne d’essence sur l’autoroute au retour de BEAULIEU avec mon JEEP CHEROKEE. Je pensai faire CAEN BORDEAUX avec un seul plein (jauge defaillante et manque de lucidité du conducteur) une honte... amities JPL

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  • XK 60 - Les 60 ans de la Jaguar XK

    9 février 2009 14:35

    un vrai bel article illustré ! celà donne envie de parcourir de nombreux km en ancienne. pour la copilote, je vois que nous avons tous la même !!! mais si tolérante avec leur grands enfants de maris :) merci pour les 10 min de bonheur que je viens de passer au bureau.. pas merci, j’ai maintenant trés envie d’une jaguar !

    SD - Bordeaux, en attente d’une magnifique TR2

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