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Les Jaguar XK (XK 120, XK 140, XK 150)

Caractéristiques et Guide d’achat

jeudi 28 mai 2015, par C&SC

La Jaguar XK 120 [1] est l’archétype de la voiture de sport des années 50, à deux places (découverte ou coupé). Elle a été produite par Jaguar de 1948 à 1954.

La XK 120 a établi avec éclat la place de Jaguar en tant que constructeur de voitures de sport, ses suivantes XK 140 et XK 150, l’ont confirmé et les victoires au Mans des Jaguar Type C et Type D, directement dérivées de la 120, ont mis Jaguar au sommet de la construction automobile des années 50.


Logo Jaguar

La XK 120

XK 120

Il n’y a eu que cinq modèles sportifs dans toute l’histoire de Jaguar.
Cela montre que la compagnie a toujours créé du premier coup des autos qui resteraient longtemps en production au prix de modifications mineures.
La XK vient en second dans ce palmarès derrière celle qui lui a succédé, la Type-E, peut-être plus connue.
Mais la XK a représenté une révolution identique quand elle est apparue en 1948 en offrant un rapport qualité / prix qu’aucun autre constructeur ne pouvait atteindre.
William Lyons, le fondateur de Jaguar était soucieux de développer la compagnie qu’il avait créée 20 ans plus tôt. Il réalisa qu’il fallait dorénavant construire ses propres moteurs au lieu de se fier à des constructeurs extérieurs comme il l’avait fait jusqu’alors.

Le moteur XK

Ce moteur a été le cœur de la production Jaguar pendant presque 40 ans.

Le développement de moteur commença avant même la seconde guerre mondiale. D’abord avec 4 cylindres, les moteurs avaient un nom de code commençant par X comme eXpérimental et une lettre évoquant le numéro de l’ébauche : XA, XB, XC ...
En 1948, on en était à la dixième ébauche, c’est-à-dire au modèle de moteur XJ, un 4 cylindres à double arbre à cames en tête (DOHC en anglais) développant 150 chevaux.
Installé dans un petit roadster (une MG), ce moteur permettait d’atteindre 108 mph (175km/h), mais installé dans une MkV il manquait de puissance et il était prévu pour la MkVII encore plus lourde.

C’est le retour à la planche à dessins pour produire un 6 cylindres qui donna naissance au moteur XK, onzième mouture de cette unité.

XK 120 Roadster

Un cabriolet avec ses "spats" arrière

La naissance de l’XK 120

Mais alors que le moteur était prêt, le châssis et la carrosserie de la nouvelle berline ne l’étaient pas.
Deux mois avant le London Motor Show de 1948, William Lyons décida de lancer son moteur révolutionnaire dans une série limitée de voitures de sport.

Utilisant un châssis de MkV raccourci un roadster fut rapidement dessiné et produit. Il ne devait servir que de moyen de présentation pour le moteur XK. Il en fut tout autrement.

Le nom choisi, XK120 super sport, rappelait donc tout à la fois le nom du moteur et la vitesse maximale supposée.

Cette nouvelle Jaguar fut un coup de tonnerre dans le monde automobile avec son moteur à double arbre à cames, ses lignes élégantes et ses performances annoncées.

Un groupe d’ingénieurs fut envoyé à Jabbeke en Belgique ou une XK120 de série atteignit l’incroyable vitesse de 126 mph (201 km/h) sur une portion d’autoroute en construction, devenant ainsi la voiture de série la plus rapide du monde.
Avec certaines modifications mineures (saute-vent et couvre tonneau au lieu de pare-brise), la vitesse fut même de 132 mph.

Les plans initiaux étaient de ne construire que 200 exemplaires, mais l’afflux des commandes rendit évident qu’il faudrait produire l’auto en plus grande série et remplacer la carrosserie en aluminium par des panneaux en acier moulés, plus faciles à usiner.

XK 120 SE Avec les roues fils, les XK120 SE n’avaient pas de spats à l’arrière

La construction des outils de production prit une année au cours de laquelle les modèles alu furent réservés aux salles d’exposition et à certains clients chanceux.
La production des modèles en acier commença en 1950, essentiellement pour l’exportation et les USA où la "120" devint la voitures des stars.
Tout compris c’est un peu plus de 200 roadsters alu qui ont été construits, il est inutile de dire qu’ils sont très recherchés maintenant. La cote atteint ou dépasse les 200.000 euros.

La XK120 en course

La demande a été aussi multipliée par ses succès en courses, ce qui incita Jaguar à engager au Mans trois XK120 quasiment de série pour se confronter à la concurrence en 1950.

Cette année ne fut pas faste, mais permit à Jaguar d’apprendre assez pour construire la XK120C (C pour Compétition), connue sous le nom de Type-C qui rapporta la première victoire de Jaguar au Mans en 1951.

Sur la scène des rallyes Ian et Pat Appleyard (la fille de W. Lyons) remplacèrent leur ancienne et fiable SS100 par une XK120 et dominèrent de nombreuses courses du début des années 50, y compris le prestigieux Rallye des Alpes avec la mythique NUB 120.

Comme si les 24 h du Mans ne suffisaient pas, Jaguar mit la 120 à l’épreuve à Montlhéry pendant 7 jours pleins au cours desquels la voiture devait faire une moyenne de 100 mph (160 km/h).
Le contrat fut rempli en août 1952 dans un coupé de couleur bronze immatriculé LWK 707 (le deuxième coupé RHD construit). Plusieurs records tombèrent : une vitesse moyenne de 100.31mph (161.43 km/h), une distance de 27.120 Km et 5 autres records mondiaux.

L’évolution de la race

En 1951, Jaguar proposa un coupé (Fixed Head Coupé = FHC) qui avait des vitres latérales relevables au lieu d’écrans et un intérieur plus luxueux que le roadster.
Et deux ans plus tard c’est un cabriolet (Drop Head Coupé) qui entra dans la gamme avec les aménagements du coupé (tableau de bord en loupe etc...) et une capote plus lourde, plus isolée et plus pratique.

XK Coupé Le coupé

Une version plus sportive (cames et barres de torsion modifiées, volant moteur allégé, double échappement) était disponible (XK120 SE ou M aux USA) qui atteignait 180 chevaux.
Des roues fils étaient montées sur les modèles SE/M, les voitures n’avaient alors pas de spats afin de laisser la place pour les gros écrous de roue.
Un peu plus tard on pouvait avoir une tête de Type-C avec de plus gros carburateurs de 2 pouces, ce qui montait la puissance à 210 chevaux.

La XK140 remplaça la XK120 en 1954, sous le millésime 1955.

La XK 140

Quoique très ressemblante à la 120, elle incorporait un certain nombre d’améliorations, en particulier en termes de confort et d’agrément de conduite. La 120 était une voiture de sport, la 140 devint une voiture civilisée.
Les équipements de course n’étaient même plus proposés en option, mais il était toujours possible de les obtenir en commande spéciale (comme toujours chez Jaguar).

Un beau cabriolet XK140

Un beau cabriolet XK140

Un certain nombre de modifications virent le jour, en général pour satisfaire au goût américain.
A l’extérieur les pare-chocs plus volumineux constituaient le signe le plus visible, ainsi qu’une nouvelle calandre à lames plus larges et moins nombreuses et l’apparition de joncs chromés sur le capot et la malle arrière.

des chromes à l'américaine

des chromes à l’américaine

Le moteur était avancé d’un peu moins de 10 cms ce qui augmentait sensiblement l’espace pour les passagers, donnant plus de place pour les jambes et une meilleure position de conduite. La direction était à crémaillère et la suspension était améliorée.
Le moteur de base était toujours un 3.4 litres. Toutes ces modifications s’appliquèrent aux trois modèles (Open Two Seater = OTS, FHC et DHC).

Le coupé gagna aussi un petit siège symbolique à l’arrière grâce au positionnement de la batterie dans le compartiment moteur.

l'allongement se remarque de profil par une inclinaison nulle de la custode latérale l’allongement se remarque de profil par une inclinaison nulle de la custode latérale

L’overdive était en option, comme les roues fils et la radio. Une transmission automatique (3 vitesses) devint disponible en 1956 (le goût américain encore).

Comme sur la 120, la 140SE (M aux USA) offrait des roues fils, des feux anti-brouillard et un double échappement. L’option Type-C avec 2 carbus HS8 de 2 pouces donnait un moteur de 210 chevaux.

Les spats recouvrent les roues arrières Les spats recouvrent les roues arrières

Les spats (jupes sur les roues arrières) étaient fournies pour les roues acier. Les roues fils avec leur gros écrou central n’en laissait pas la place.

La XK 150

En 1957, presque 10 ans après le lancement de l’ainée de la famille, la 120, Jaguar dévoila la XK150 qui était une voiture radicalement différente de ses devancières. Les lignes de la voiture étaient adoucies et le pare-brise était maintenant en un seul plan bombé, comme la vitre arrière du coupé.

la 150 a les lignes rondes de la Mk1 et de la Mk2 la 150 a les lignes rondes de la Mk1 et de la Mk2

Sur le plan mécanique la plus grande différence était l’introduction des freins à disque qui avaient fait leur apparition au Mans depuis 1954 avec Jaguar. Le moteur était toujours le 3.4 litres de 190 cv de base et 220 cv en version SE avec de plus gros carburateurs. Lancée d’abord en FHC et DHC, la 150 vit arriver ensuite un roadster en 1958. Signes des temps, c’est le roadster 120, délibérément sportif, qui avait été lancé seul et en premier en 1948.
Plus qu’une évolution la 150 était une voiture moderne, mais elle ne fit pas sensation comme son illustre devancière.

Il est à noter que les coupé et cabriolet (FHC et DHC) perdaient leur garniture intérieure en loupe de noyer pour adopter une couverture du tableau de bord en cuir.

tableau de bord garni de cuir tableau de bord garni de cuir

Avec la 150, Jaguar lança une version S avec trois carburateurs SU de 250 cv. En 1958 une version encore plus puissante vit le jour avec un moteur de 3.8 litres ce qui donnait 265 cv en version S.

C’est cette même configuration, moteur de 3.8 litres et les trois carbus SU, qui va se retrouver dès 1961 dans la type E.

La XK150 resta en production jusqu’en 1961, même si très peu d’exemplaires ont été produits cette année-là, avant la présentation de la Type E en mars au salon de Genève.

XK 150 XK 150

Pendant les 13 ans de production des XK ce sont un peu plus de 30.000 exemplaires qui sont sortis des chaînes, avec respectivement pour les XK120, 140 et 150 : 12.000, 9000 et 9000 exemplaires. L’essentiel de la production a été exporté, les Etats-Unis constituant le plus gros marché.

L’héritage des XK représente bien plus que ces chiffres de production. Cette gamme a établi Jaguar comme un producteur de voitures de sport qui comptait. Les succès sur les pistes européennes et surtout américaines confirmaient la légende Jaguar qui s’écrivait au Mans avec 5 victoires des Types C et D en 7 ans.

Les XK 120 et le sport

A côté des courses sur routes et des rallyes, comme le Rallye Coupe des Alpes ou les Mille Miglia, les XK 120 ont brillé dans les grandes courses d’endurance comme Le Mans.

Ce sont des roadsters XK 120 modérément modifiés, allégés, à carrosserie un peu différente et avec une culasse modifiée, la culasse type-C (en français car cela signifie Type Competition) qui gagnèrent au Mans. La Jaguar C-Type (ou XK 120C) en 1951 et 1953, puis la D-Type trustèrent la victoire en 1955, 1956 et 1957 avant le retrait de Jaguar de la compétition.

Jaguar lança ensuite la XKSS, voiture de route dérivée de la Type D. La XKSS a été une voiture morte-née. En effet, il n’y eut que 16 exemplaires construits avant l’incendie qui détruisit l’usine de Browns lane en 1957. La production n’en a pas été reprise ensuite.

Steve McQueen avait une XKSS pour son usage personnel.

Les registres Jaguar XK

Ces registres permettent de répertorier les voitures selon leurs divers numéros de série et leurs caractéristiques.
Les numéros de série sont donnés dans tous la plupart des livres dédiés à ces modèles. Ils peuvent aussi être retrouvés sur ce site.

- XK Data : Un site bien ficelé et pratique d’emploi qui répertorie presque toutes les XK connues.

- Jaguar Links : Un site de rencontre, un forum et la liste des propriétaires de Jaguar
Les listes de propriétaires sont sous forme de fichiers Excel et sont proposés dans un menu déroulant au centre du tableau de bord du "Café".

- Le Jaguar Daimler Heritage Trust : Le site de référence des Jaguar, capable de vous fournir l’histoire précise de votre voiture.

Le Club Jaguar XK

Un club anglais, fondé et dirigé par Philip Porter, ne prend en charge que les Jaguar XK (120, 140 et 150), leurs propriétaires et futurs propriétaires.
Lien Internet

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Notes

[1] Cet article a servi de base à l’article publié dans Wikipedia

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