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La Giulietta

Caractéristiques et Guide d’achat

mardi 5 juin 2007, par C&SC

Archétype de la berlinette de sport italienne, la Giulietta fit passer Alfa Romeo du statut de constructeur élitiste à celui de constructeur généraliste à connotation sportive (on ne se refait pas).

La Giulietta a tellement incarné son pays qu’elle a été surnommée "la petite fiancée de l’Italie".


La naissance de la Giulietta

Le spider Giulietta, la décapotable italienne

Alfa Romeo était une des grandes marques automobiles de sport et de luxe avant guerre. C’est la Giulietta qui démocratisa le plaisir de conduire une Alfa Romeo et le mit à la portée des masses.

Suivant les subventions gouvernementales italiennes pour la reconstruction, Alfa Romeo allait d’une crise financière à une autre. Il fallait une innovation et cette innovation devait être une petite voiture pour faire rentrer la compagnie dans la cour des grands. Et là il fallait de l’argent.

Alfa a alors émis des actions offrant à leurs détenteurs l’avantage supplémentaire de participer à une loterie où les 1000 premières autos seraient à gagner. Comme prévu, ces actions se vendirent bien. Malheureusement la mise au point de la nouvelle voiture n’était pas aussi simple que prévu et le scandale commença à enfler pendant que les gagnants attendaient leur livraison.

Giulietta Sprint

Finalement, fin 1954, les gagnants touchèrent les premières Giulietta Sprint Coupé et Alfa Romeo entra dans l’ère de la production de masse.

Le moteur de 1,3 litres était très moderne pour l’époque avec ses culasse et bloc en alu, une distribution à double arbre à cames en tête entraînée par chaîne, et autres spécifications présentes sur des voitures actuelles ou les voitures de haut de gamme de l’époque, d’autant qu’elle avait une boite 4 synchronisée. Le châssis et les suspensions étaient plus conventionnels : suspensions indépendantes à l’avant et essieu arrière rigide complétés par des freins à tambours sur les quatre roues de 15 pouces

Les divers modèles de Giulietta

La Giulietta a été la première Alfa Romeo à porter un nom et non plus un numéro. Le jeu de mots Alfa Romeo - Giulietta n’était pas mal trouvé.

La première génération de voitures reçut la dénomination de série 750 et la seconde, à partir de 1960, celle de série 101. La date exacte de changement varie selon les modèles et, comme souvent à cette époque dans les diverses marques, nombreuses étaient les voitures ayant des spécifications mécaniques mixtes entre les deux séries. Ces voitures sont parfois appelées « châssis transitionnel ».


Les sourcils de la 750

Les deux versions se défférencient par quelques détails extérieurs, par exemple des "sourcils" et une barre horizontale unique sur les parties latérales des grilles de calandre pour les 750 alors que les 101 reçoivent une grille.
La Giulietta se déclinait en berline (Berlina et Berlina Ti), coupé (Sprint), cabriolet (Spider), Sprint Speciale (SS)

Pour ne pas faire mentir ses origines sportives d’avant-guerre, la Giulietta eut un gros succès en courses. Des versions spéciales courses ont été construites, dont la Sprint Zagato (SZ) en alu.

En tout c’est plus de 250.000 exemplaires des séries 750 et 101 qui sortirent des chaînes au cours de la décennie 1954 – 1965 qui constitue pour beaucoup d’observateurs l’âge d’or de l’automobile.

La Giulietta donne encore aujourd’hui une sensation de conduite moderne qui devait sembler futuriste dans les années 50, même si sa tenue de route et son comportement routier ne sont pas ses atouts majeurs.

La version Veloce qui était disponible pour les coupés (Sprint) et cabriolets (Spider) permettait un gain de puissance d’environ 15% grâce à des ouvrants en aluminium, à des doubles carburateurs Weber et à des modifications internes du moteur. La vitesse maximale passait à 180 km/h.

Au sein de chaque modèle il y avait quelques variantes produites en nombre restreint comme la Berline ‘Promiscua’ (un break), ’Lightweight’ Sprint Veloce ; ’Confortevole’ Sprint Veloce, Sprint Veloce Zagato (SVZ) ; et Spider Monoposto (750G).

Berlina et Berlina Ti

Série 750 1955-60. Production env. 56.500 - 28.600 Berlines 27.900 Ti

Série 101 1959-64. Production env. 79.000 - 11.000 Berlines 67.200 Ti 1300s (conduite à gauche) 1000 Ti 1300s (conduite à droite)

La Berlina ou une sportive familiale à 4 places et 4 portes

Les Berlina et Berlina Ti furent produites à quelques 136.000 exemplaires, presque les ¾ de la production totale des deux séries, et pourtant ce sont actuellement parmi les plus rares des Giuliettas. La Berline a été commercialisée en 1955, un an après la Sprint. Elle offrait quatre places, quatre portes et des performances intéressantes pour un prix compétitif ce qui la plaçait avantageusement par rapport aux autres berlines. La version Ti offrait des performances améliorées qui séduisirent le public, mais aussi les services de l’Etat qui en commandèrent un grand nombre aussi bien pour les transports diplomatiques qu’en tant que voitures de police.

En 1960, Alfa Romeo commença la production de Ti en conduite à droite en Afrique du Sud et ce sont presque 19.000 de ces autos qui y ont été produites jusqu’en 1963.

Sprint

Série 750 1954-1959 Production env. 8,000 - 6600 Sprint (750B) 1400 Sprint Veloces (1956-1959) (750E lighweight/standard)

Série 101 Giulietta 1959-1963 (Veloce 1959-62). Production env. 19.500 - 17.800 Sprints 1700 Sprint Veloce

Série 101 Giulia 1600 1962-1964. Production env. 8100.

Un coupé de légende avec un petit air d’Aston Martin

Les Giulietta Sprint sont les Alfa des puristes, car elles sont moins connues que les coupés Bertone qui lui ont succédé. L’Alfa Romeo Giulietta Sprint est un coupé 2+2 sur une caisse autoporteuse en acier.

La Sprint, apparue au Salon Automobile de Turin en 1954, a été un succès immédiat. C’est elle qui avait été impatiemment attendue par les gagnants de la loterie ayant permis de lever les fonds nécessaires à sa production. Celle-ci commença fin 1954. Les 1000 premiers exemplaires permirent d’amorcer la machine, mais neuf ans plus tard, ce sont presque 30.000 exemplaires qui en étaient sorties des chaînes.

La ligne de la Sprint Veloce (SV) est peu modifiée

Dessinée par Franco Scaglione, alors chez Bertone, le succès de cette petite Alfa transforma le constructeur en une société majeure qui dut déménager dans de plus grandes usines à la fin des années 50.

Spider

Série 750 1955-1959 (Veloce 1956-1959). Production env. 7.200 - 5950 Spider Normale (750D) 1250 Spider Veloce (750F)

Série 101 Giulietta 1959-1962 (Normale & Veloce). Production env. 8.800 : 7.300 Spider Normale 1.500 Spider Veloce

Série 101 Giulia 1600 1962-65. Production env. 11.500 - 9100 Spider Normale 1100 Spider Veloce 400 Conduite à droite Spider Normale

Le modèle du cabriolet sportif italien

En 1955, Alfa Romeo et Bertone cherchaient toujours à faire évoluer la production de Berlines et de Sprints. Alfa cherchait, en particulier à développer ses exportations, c’est Max Hoffman (voir sa biographie), aux USA, qui avait déjà importé quelques Alfa de l’immédiat après-guerre qui se vit proposé de devenir l’importateur officiel d’Alfa Romeo.

Hoffman appréciait la Sprint, mais mit en lumière l’énorme potentiel inexploité du marché américain pour des voitures de sport décapotables accessibles et proposa d’emblée d’en importer 600 exemplaires. Alfa proposa le cahier des charges à Bertone et Pininfarina qui conçurent chacun un prototype. Pininfarina offrit un avantage décisif à Alfa Romeo : une production flexible et adaptable. En 1956, le Spider 750 sortit. L’essentiel de la production des Spiders se retrouva aux USA.

Sprint Speciale

Série 101 Giulietta 1959-62. Production env. 1350 dont 90 ‘nez bas’ (1959)

Série 101 Giulia 1600 1963-65. Production env. 1400

Le coupé Sprint Speciale (SS), la sportive de Bertone

Tout au long de la production des séries 750 et 101, les Giuliettas ont eu une certaine cote dans le domaine sportif, à la grande satisfaction d’Alfa Romeo. La Giulietta Sprint Speciale avait une boite de vitesses à 5 rapports, développait 100 cv et atteignait les 200 km/h. Très tôt déjà au cours de la production de la série 750, Bertone avait montré un concept de coupé avec une carrosserie lightweight très aérodynamique sur une base mécanique de Giulietta destiné à devenir une version de compétition.

Des écuries de courses confiaient des Sprints à des carrossiers italiens pour les habiller de coques alu. La plus efficace de ces carrosseries était la Sprint Veloce Zagato. Dix-sept de ces carrosseries seulement ont été faites, mais elles obtenaient des succès très remarquables en compétition. Au point qu’Alfa Romeo décida d’abandonner son propre programme de développement sportif basé sur la Sprint Speciale pour confier officiellement leur devenir sportif au bolide carrossé Zagato.

En même temps c’est Bertone qui récupéra un projet de version sportive « premier prix » basé sur la Giulietta Sprint Speciale. La voiture a été lancée en 1961. Les tout premiers modèles avaient un avant à nez plongeant et n’avaient pas de pare-chocs. Ces 80 modèles sont très chers de nos jours.

Sprint Zagato

Code Tonda (SZ1, queue ronde) 1959-60. Production env. 180

Code Tronca (SZ2, queue tronquée) 1961. Production env. 30

Sprint Zagato

La Sprint Zagato (SZ) est sortie en 1960 à la suite de la décision d’Alfa d’abandonner son propre projet de développement course et de mettre ses espoirs dans la carrosserie allégée de Zagato. Les premières voitures, nommées ‘Coda Tonda’ (queue ronde), équipées du moteur Veloce de 100 cv ont été lancées en course en 1960. Leurs 100 kgs de moins que les SS standard permettaient des performances nettement meilleures et les SZ s’illustrèrent dans des évènements majeurs comme Le Mans ou la Targa Florio.

La SZ “Coda tronca”

En 1961, l’aérodynamisme de la SZ a été améliorée. La modification la plus visible a été la ‘Coda Tronca’ (queue tronquée), par la même occasion cela allégeait la voiture de quelques kilos et c’était la première Alfa à être équipée de freins à disques.

L’évolution et la fin

Dès 1962, la fin de la Giulietta se prépare avec la sortie de la berline Giulia. La Giulia était plus grande, plus moderne et possèdait un moteur plus puissant. C’est le passage d’un petit moteur (1300) à un plus gros (1600) qui transforma Juliette en Julie et la Giulia reçut en plus une boîte 5. Le coupé Giulia Sprint GT prit le nom usuel de « Coupé Bertone ».

Acheter une Giulietta

Affaire compliquée, parce que la bête est rare et les amateurs avertis les gardent. Et pour compliquer encore les choses, les pièces, elles aussi, sont rares et chères.

Fiche technique

Architecture classique propulsion et moteur transversal avant.
880 kgs
4 cylindres en ligne de 1290 cc, double arbre à cames en tête
carbu double corps
80 cv à 6300 tr/min
Boite de vitesse 4 manuelle
Freins : disques av, tambours ar
Vitesse maxi en km/h : 165

Au total

Les points positifs
- Ligne originale
- Moteur agile au son inimitable
- Comportement routier sain,
- Position de conduite agréable
- Charisme réel
- Prix d’achat relativement abordable

Les points négatifs
- Performances datées
- Corrosion (comme d’habitude)
- Entretien méticuleux requis (mécanique fragile)
- Certaines pièces spécifiques rares

L’Alfa Romeo Giulietta Sprint est désirable à plus d’un titre.
- En premier lieu, elle représente l’archétype de la berlinette de sport italienne des années 50 avec en prime un dessin très réussi et un moteur réellement intéressant.
- Ensuite, elle est aujourd’hui du fait de sa rareté et de son histoire, un jalon essentiel des coupés milanais un “must” pour l’amateur.
- Enfin, ce coupé Giulietta Sprint a sa place dans toutes les manifestations et peut participer à certaines épreuves de régularité ou de courses anciennes.

Un must pour l’amateur éclairé et averti…

Approfondir

- Les clubs Alfa Romeo

- La cote de l’Alfa Romeo Giulietta

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