CLASSIC AND SPORT CARS

Accueil du site > 10. Les grands noms de l’automobile > William Lyons - Biographie

William Lyons - Biographie

jeudi 4 octobre 2007, par C&SC

William Lyons
(1901 - 1985)

Constructeur automobile britannique, créateur de la marque Jaguar.

Si d’autres constructeurs automobiles avaient commencé par la moto, William Lyons, lui a commencé par les sidecars.

Trois caractéristiques le définissaient assez bien : sens du commerce, sens du style et goût de l’économie.


L’enfance et la formation

Fils d’un musicien et vendeur d’instruments de musique (aussi prénommé William), William Lyons est né le 4 septembre 1901 dans la station balnéaire de Blackpool.


William Lyons



Après des études moyennes, il commença à s’intéresser à la moto vers l’âge de 17 ans. Cependant, William père est déjà devenu une personnalité influente de sa ville et réussit à placer son fils en apprentissage chez Crossley Motors pendant qu’il suivrait des cours du soir à l’école technique de Manchester.

A la fin de la grande guerre, Crossley cessa ses activités et Lyons revint au bercail, sans projet particulier (il voulait même se lancer dans la fabrication de gramophones !). Combinant ses aspirations aux opportunités, il trouva une place de vendeur dans un garage vendant des Rover et Morris, avec ses salaires il commença à s’acheter toute une série de motocyclettes.

La Swallow Sidecar Company





Peu après, en 1921, de nouveaux voisins s’installèrent : les Walmsley. Il ne fallut pas longtemps au jeune homme pour s’apercevoir que le coin attirait de nombreux jeunes motocyclistes qui repartaient avec un side-car attaché à leur monture. Walmsley (William aussi) approchait les trente ans d’âge, sa femme attendait leur deuxième enfant. Walmsley achetait des motos aux surplus de l’armée et les “démilitarisait”. William Lyons, s’était procuré un des side-cars artisanalement fabriqués, il proposa à Walmsley de s’associer.

Walmsley n’était pas très ambitieux, il se serait volontiers contenté de bricoler des sidecars dans son garage, mais sous l’influence de son épouse, il accepta l’établissement d’une entreprise commune avec Lyons.
L’entreprise prit son essor, Walmsley s’occupant de la production des side-cars et Lyons des ventes, de la promotion et des embauches (Lyons n’avait pas encore 21 ans, et c’est son père qui signait les papiers).


Les sidecars de Lyons se démarquaient par leur élégance


En 1922, Lyons devint majeur juste après la création de la compagnie. Les ventes allaient bon train et Lyons se révèlait être un très bon « commercial » pour les side-cars Swallow (le nom vient de la petite voiture à pédales de Walmsley). Il faisait montre, dès ce moment, d’un talent esthétique sûr et les ventes à l’étranger commencèrent.

La marque avait déménagé dans des ateliers plus grands et annonça sa première automobile en 1927, l’Austin Swallow Two Seater avec une carrosserie en aluminium, stylée par Lyons et bien plus attirante avec sa peinture bicolore que les tristes autos noires habituelles.

JPG - 259.9 ko
L’Austin Swallow

L’Austin Swallow Two Seater, la première auto dessinée par W. Lyons


Swallow devint ainsi fabricant d’automobiles. L’Austin va être suivie d’autres carrosseries pour Sunbeam, Morris, Fiat, Wolseley ou Vauxhall. L’élégance et le style de ces carrosseries les distinguaient de ce qui se faisait alors et expliquaient un succès croissant. Le travail de Lyons et Walmsley ne se limitait d’ailleurs pas à la carrosserie, ils modifiaient certains détails pour améliorer la conduite et le confort.

SS Cars





La croissance de la société obligea bientôt à envisager un nouveau déménagement et il parut opportun d’aller vers Coventry, centre névralgique de l’automobile Britannique. C’est dans une ancienne usine d’armement que les deux William vont transporter leur jeune société avec un contrat de location de trois ans assorti d’une option de rachat à terme.

Au tout début des années 30, malgré la crise qui progressait, il y avait du travail dans cette branche et dans cette société, à tel point que ce fut un déménagement avec armes et bagages qui concerna la société, ses activités et ses outils, mais aussi les employés et donc leur famille.

Si les affaires marchaient c’est aussi grâce à l’économie, pour ne pas dire l’avarice de William Lyons. Dans les bureaux, les tapis sont tournés pour avoir l’aspect neuf, les chutes de tissu ou de cuir de l’atelier de sellerie étaient employées et pouvaient servir de garnitures lors d’expositions avant d’être éventuellement réemployées sur la ligne de production...
Plus sérieusement, les pièces détachées d’une auto doivent pouvoir être réemployées sur un autre modèle, ce qui sera l’un des éléments expliquant la modicité des prix des voitures de Lyons.
Ce sens de l’économie va expliquer par exemple que la Type E sera vendue trois fois moins chère qu’une Ferrari à qualités et performances comparables.

Mais le succès c’est aussi le sens du style et le génie technique de Lyons.

En 1931, sort la SS1, première voiture siglée SS, Swallow Sidecar devient Standard Swallow (ou Swallow Special, même Lyons lui-même n’était pas affirmatif) après accord avec la marque automobile Standard.
Standard fournit des châssis abaissés équipés de moteurs 6 cylindres et la carrosserie imaginée par Lyons et installée par SS donne un engin bas et à la ligne racée, très différent des coupés qu’on voyait à l’époque sur les routes.
La SS2, plus petite et moins motorisée (4 cylindres) va étoffer la gamme. SS1 et SS2 se présentent en coupé, en roadster ou en coupé « Airline ».


Un coupé "Airline" : une capote repliable, mais des côtés fixes


Ces voitures ont déjà toutes les caractéristiques qui font et feront le succès de Jaguar : voiture de sport bien équipée et luxueuse vendue moins chère que ses concurrentes.

En 1933 Swallow Sidecar devient SS Cars
Ce sont les SS 90 en 1935 et surtout SS 100 (en référence à la vitesse maximale de 90 et 100 miles à l’heure) qui vont asseoir le succès de la marque. En effet, se servir des châssis et des moteurs des autres constructeurs imposait de se plier à certains impératifs. Il fallait donc produire la voiture de bout en bout, châssis et moteur pour aller sous les élégantes carrosseries dessinées et produites par la firme.


La SS 100, LA voiture de sport d’avant-guerre


C’était la volonté de Lyons de devenir un vrai constructeur automobile, alors que Walmsley avait moins d’ambition, il finit par céder ses parts et laisser la place de Président à son associé au milieu des années 30. Lyons était le patron.
Ce sont des moteurs de 1.5, 2.5, puis 3.5 litres qui étaient montés sur les voitures et à côté des voitures de sport, les berlines firent leur apparition avec les dénominations de MkI, MkII, MkIII et MkIV. L’un de ces modèles de la fin des années 30 avait reçu le nom de « SS Jaguar » pour évoquer la félinité, la rapidité et la souplesse.

Jaguar Cars

Comme toutes les autres entreprises mécaniques, en particulier d’automobiles, SS Cars a été mobilisée pour l’effort de guerre de 1939 à 1945. A la fin de la guerre, pour des raisons assez évidentes de confusion néfaste le nom de SS Cars a été remplacé par celui de Jaguar Cars.

Les grandes réussites

La MkV d’après-guerre n’était pas beaucoup plus qu’une MkIV à peine améliorée. Le rêve de Lyons et grand chantier du moment était la mise au point d’une berline de luxe capable de dépasser les 100 miles à l’heure et donc du moteur pour mouvoir cette grosse voiture. La mise au point du moteur avait commencé pendant la guerre et en 1948 il était prêt, mais le modèle qui devait le loger, la MkVII, ne l’était pas.

La MkVII vint, en réalité, après la XK120 dont le nom était constitué des lettres XK correspondant au moteur et des 120 miles à l’heure qu’elle pouvait attendre.

La XK120, la première des très grands succès de Lyons, était en réalité un petit cabriolet sportif basé sur un châssis de MkV raccourci dont la seule destination était de mettre en situation le moteur XK.
Dans l’urgence et en quelques semaines à peine, le coup de crayon inspiré de Lyons et les qualités techniques de la voiture en ont fait une réussite absolue.

La XK120 a été la véritable étincelle qui a fait le succès de Jaguar, en particulier aux USA, malgré le peu de conviction de William Lyons à propos de ce marché. Les XK140 et 150 ont suivi la voie tracée par leur grande sœur.

Les grosses berlines MkVII, VIII et IX ont donné à Jaguar la carrure d’un constructeur de luxe alors que les voitures de sport et les succès de Jaguar au Mans avec les Type C et Type D entretenaient son image de constructeur sportif.

La Mk2 a été lancée en 1959 pour étoffer la gamme vers le bas et, là aussi ce fut un grand succès. Avec le moteur XK en version 3.8 litres et son intérieur luxueux elle innovaite et représentait le modèle de la berline sportive.

La Jaguar Type E, en 1961, est un coup de tonnerre encore plus marquant que celui causé par la XK120. Il est à mettre au crédit de l’intuition de Lyons. La Jaguar Type E révolutionne la voiture de sport aussi bien dans sa version cabriolet qu’en version coupé avec hayon arrière.

En 1968, la XJ6, série 1 qui renouvelle la gamme des berlines en les remplaçant toutes. Elle met aussi en œuvre le moteur XK, plus de 20 ans après sa première utilisation. Cette série de voitures est encore en « service en 2007…

Les compétences de Lyons

William Lyons n’était pas un ingénieur, mais il avait des qualités commerciales, d’intuition, de stylisme et de choix de ses collaborateurs. Il savait s’entourer, choisir de bons ingénieurs (Bill Heynes, motoriste), William Sawyer (aérodynamicien) et d’autres qui avaient souvent travaillé dans l’industrie aéronautique pendant la guerre.

Son anoblissement, on parla dès ce moment de Sir William, en 1956 était d’ailleurs la reconnaissance de son action pour la prospérité de la Grande-Bretagne, de son habileté, de la réussite de son industrie et des performances de Jaguar à l’exportation.

L’évolution de la société

En 1960, Lyons reprend Daimler, ses clients, ses moteurs et ses modèles et commence l’intégration en faisant une version « Daimler » de la Mk2 avec son moteur V8 de 2.5 litres. A la suite de cette absorption, Jaguar grossit en absorbant d’autres constructeurs

En 1966, Lyons met sur pied une fusion avec British Motor Corporation en restant Président Executif.

De son poste qui n’aurait du être que symbolique, William Lyons assiste à la gabegie chez British Leyland (fruit de cette fusion et d’autres regroupements) mais limite la casse chez Jaguar sans totalement éviter la baisse de qualité et de fiabilité liée aux grèves. En 1972 l’usine a été paralysée pendant dix semaines !

L’âge, 50 ans de travail intensif et le sabotage de son outil poussent Lyons à se retirer en gardant un œil attentif et critique sur ce qui se passe chez « lui ». Il lui arrive encore de donner son avis ou un conseil.

Il est mort le 8 février 1985, un an avant sa femme qu’il avait épousée 61 ans plus tôt.

Pour nous joindre

Cliquez pour aller vers le plan

17 rue des Rochettes
ZI des rochettes
91150 Morigny Champigny

- Tél : 01-60-80-33-59
- Fax : 01-60-80-33-58

info@classic-sport-cars.net

Pour demander un renseignement technique, contacter l’atelier : cv@classic-sport-cars.net
- Claude : 06-33-04-80-47

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette