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Ferdinand Porsche - Biographie

dimanche 4 novembre 2007, par C&SC

Ferdinand Porsche
(1875 – 1951)

Le Professeur Docteur Ingénieur (honoris causa) Ferdinand Porsche était un inventeur et industriel automobile autrichien.

Né à Maffersdorf en Bohème, alors partie de l’empire Austro-Hongrois (actuellement Vratislavice nad Nisou en République Tchèque), il a influencé de manière déterminante pratiquement toute l’industrie automobile allemande.


3 septembre 1875 –30 janvier 1951

Ferdinand Porsche est connu essentiellement pour les voitures portant son nom, les 911 et 356 en tête, mais il faut aussi se rappeler qu’il est aussi et surtout le père de la Volkswagen Coccinelle et qu’il a participé de manière significative à Mercedes et à Auto-Union. Les 356 et 911 sont plus les créations de son fils, Ferry.

Il est moins connu pour sa participation à l’effort de guerre allemand entre 1939 et 45. Il participa à la conception ou à la construction du char Tigre et du chasseur de chars l’Elefant. Il avait d’ailleurs été honoré par Adolf Hitler lui-même en 1937 par une des plus hautes distinctions du IIIème Reich.

Les jeunes années

Ferdinand Porsche a fait montre de qualités et d’aptitudes techniques réelles dès son plus jeune âge. Il arriva à suivre les cours du soir à l’Ecole Technique Impériale de Liberec tout en aidant son père dans son atelier de mécanique dans la journée. Grâce à une connaissance, il eut un poste à la compagnie d’électricité Béla Egger à Vienne quand il eut 18 ans. A Vienne, il se glissait à l’Université quand il le pouvait après son travail. Il n’eut jamais d’autre formation d’ingénierie que cette activité d’auditeur libre. Pendant ces cinq années chez Béla Egger, il mit au point un moteur électrique.

En 1898, Ferdinand Porsche rejoignit la Jakob Lohner & Co qui fabriquait des voitures (hippomobiles d’abord) pour l’empereur d’Autriche et les rois de Norvège, de Suède et de Roumanie. Ferdinand ressentit là le premier appel vers l’industrie automobile naissante. Les Lohner père et fils avaient commencé à construire des voitures automobiles dès 1896 dans ce qui est maintenant le 21ème arrondissement de Vienne.



La première "Porsche"


Leur première réalisation, sortie en 1898, mettait en œuvre un système Lohner-Porsche. C’était une voiture de type hippomobile équipée de deux moteurs électriques installés sur l’essieu avant et alimentés par batteries.
Le train roulant a été facilement étendu à une transmission intégrale en montant simplement deux moteurs électriques supplémentaires sur les roues arrière. Cette voiture avait été achetée par E.W. Hart en 1900 et présentée au salon de Paris en décembre sous le nom de « Toujours-Contente » [1].
Même si ce véhicule unique avait été fabriqué pour courir et battre des records, les nécessaires 1800 Kgs de batteries au plomb illustraient les limites de cette conception de la propulsion.
Bien que cette voiture ait établi un record de vitesse, le poids de son élément de batteries l’empêchait de grimper les côtes. Encore employé par Lohner, Porsche en tira les conclusions logiques et arriva à la conception de moteur mixte : cette série de batteries était remplacée par un moteur à combustion interne relié à un générateur commandant le moteur électrique. Il y avait aussi quelques batteries pour la fiabilité de l’ensemble.

Ferdinand Porsche a donc été l’inventeur de la première voiture hybride. A l’époque, c’était une hybridation en série, un arrangement plus courant pour les locomotives que pour les voitures (sous forme diesel-électricité le plus souvent).

Bien que presque 300 châssis Lohner-Porsche ont été vendus jusqu’en 1906, c’était, pour la plupart, des deux roues motrices et il n’y eut plus de quatre roues motrices.

Cette voiture hybride, dont la vitesse de pointe atteignait 56 Km/h remporta plusieurs records de vitesse et gagna le rallye Exelberg avec Ferdinand Porsche lui-même au volant. Elle fut améliorée plus tard avec une motorisation plus puissante d’origine Daimler ou Panhard ce qui fait que Porsche fut récompensé par le prix autrichien du meilleur ingénieur automobile.

En 1902, il fit son service militaire en tant que chauffeur de l’Archiduc François Ferdinand, Prince Impérial héritier du trône autrichien dont l’assassinat à Sarajevo, en 1914 devait donner le prétexte au déclenchement de la Première Guerre Mondiale.

Austro-Daimler, puis Daimler...

En 1906, Austro-Daimler recruta Ferdinand Porsche comme concepteur en chef. La création la plus connue de Porsche chez Austro-Daimler a été la « Prince Henry » (ou Prinz Heinrich du nom du frère de Guillaume II).

En 1916, F. Porsche devint Directeur en Chef d’Austro-Daimler qui construisait des tracteurs pour l’armée et reçut un Doctorat Honoris Causa de l’Université de Vienne (d’où le Dr. Ing. h. c. accolé à son nom sur les plaques d’identification des voitures). En même temps, il continuait à construire des voitures de course et gagna, par exemple, 43 courses sur 53 en 1923. En 1923 pourtant, il quitta Austro-Daimler suite à des différents stratégiques.

Il ne resta pas longtemps inoccupé. Quelques mois plus tard, il rejoignit, en tant que Directeur Technique, Daimler Motoren Gesellschaft, l’ancêtre de la marque Mercedes Benz, qui était déjà l’un des pôles de l’industrie automobile allemande à Stuttgart. Son travail chez Daimler lui valut un autre titre de Doctorat et de Professeur et ses travaux servirent dans les Mercedes SSK qui dominèrent le sport automobile dans les années 20 et 30.

Daimler Motoren Gesellschaft et Benz & Cie fusionnèrent en 1926 pour créer Daimler-Benz, leurs créations portaient le nom de Mercedes-Benz. Les conceptions de Ferdinand Porsche d’une petite voiture légère ne cadraient pas avec celles de la direction de Daimler-Benz et il quitta le groupe en 1929 pour Steyr. Mais en 1929, la grande dépression causa la disparition de Steyr et Porsche se retrouva sans emploi.

La société Porsche

Il décida de s’installer à son compte en avril 1931, à Stuttgart, en tant que consultant : Dr. Ing. h.c. F. Porsche GmbH, Konstruktionen und Beratungen für Motoren und Fahrzeugbau. Ses activités, comme le disaient le nom de sa société, consistaient dans le conseil pour la construction de moteurs et de voitures.
Dans ce but, il recruta certains de ses anciens collègues (Karl Rabe, Erwin Komenda, Franz Xaver Reimspiess) et incorpora aussi son fils, Ferry Porsche. Les affaires marchèrent assez rapidement et Porsche commença à penser à construire sa propre voiture.

L’aventure Volkswagen

F. Porsche avait un projet quasiment prêt, celui de la petite voiture qui avait été refusé par Daimler-Benz.
Le financement s’appuyait sur la propre assurance vie de Ferdinand Porsche et sur la participation de Zündapp puis de NSU qui se désistèrent successivement. L’affaire allait presque capoter quand Adolf Hitler décida « d’offrir » une voiture ou un tracteur à chaque Allemand.



Ferdinand Porsche avait des rapports privilégiés avec son compatriote Adolf Hitler


En juin 1934, il participa au concours pour la construction de cette voiture populaire qui devait transporter quatre personnes à 100 km/h en consommant moins de 8 litres au 100 kilomètres. " À n’importe quel prix… en dessous de 1 000 marks !". Cette voiture du peuple (Volkswagen en allemand) aurait le nom officiel de KdF-Wagen (Kraft durch Freude = la Force par la Joie).

Il construisit trois prototypes qui furent achevés en 1936 et donnèrent lieu à la production d’une pré-série de 30 autres exemplaires. Une ville fut construite pour cette production : Wolfsburg, dans laquelle Ferdinand s’impliqua en laissant les activités « courses » à Ferry. C’était le début de la Volkswagen.



Les toutes premières Volkwagen n’avaient pas de vitre arrière


Mais Porsche restait dans la course (au propre et au figuré) en construisant une voiture pour Auto-Union qui concurrençait les Mercedes. Cette concurrence entre les Flèches d’Argent (SilberPfeil) des deux marques ne cessa qu’avec la Guerre.

La Guerre et ses suites

Ferdinand Porsche participa à la guerre de 40 par ses productions mécaniques, pas seulement avec les dérivés de la Coccinelle (pendant la guerre, il y eut un peu plus de 1100 KdF produites pour 65.000 Kubelwagen, la version militaire), mais aussi avec le char Tigre et le chasseur de chars Elefant ainsi que d’autres productions. Comme il était habituel dans ces temps troublés, les usines Porsche ont employé des travailleurs forcés.



La Kubelwagen, la Volkswagen combattante


La période fut marquée par le projet de poursuite de la production de la Coccinelle en France, à titre de dommages de guerre. Mais des dissensions au sein du Gouvernement Français et l’opposition de l’industrie automobile française, comme des syndicats mirent un coup d’arrêt à ce projet. Le 15 décembre 1945, Ferdinand et Ferry Porsche ont été emprisonnés à Dijon comme criminels de guerre. Ferry est sorti assez rapidement, moyennant une caution de 500.000 Francs, mais Ferdinand est resté emprisonné pendant 20 mois (au cours desquels il plancha sur la 4cv Renault).

Pendant l’internement de son père, Ferry ne restait pas inactif et continuait à faire vivre l’entreprise : entretien et réparations mécaniques, mais aussi mise au point d’une voiture de course à 4 roues motrices avec Cisitalia. Le projet ne se concrétisa pas, mais l’argent qu’il permit de lever aida au paiement de la seconde caution et à la sortie de prison de Ferdinand en août 1947.

Les voitures Porsche

C’est à cette époque que la compagnie se mit à étudier un nouveau projet, la Porsche 356, la première voiture à porter la marque Porsche. A cette période, Porsche était délocalisée à Gmünd en Autriche pour éviter les bombardements sur Stuttgart. La fabrication de la 356 commença dans une vieille scierie, les 49 voitures de cette première série ont été entièrement faites à la main avec une carrosserie en aluminium.


Une 356 en course


La famille Porsche ne retourna à Stuttgart qu’en 1949, sans vraiment savoir comment recommencer leur activité. Les banques n’étaient pas chaudes pour accorder des crédits car les locaux de l’usine étaient sous emprise américaine et ne pouvaient pas servir de garantie. Ferry Porsche prit alors son bâton de colporteur, sous la forme d’une de ces 356 de pré-série, pour aller faire le tour des revendeurs Volkswagen afin de leur soutirer des commandes. Il demandait (et réussissait) à ce que les voitures commandées soient payées d’avance. Du coup il en écrivit une lettre à son directeur de banque pour lui avoir refusé son prêt.

La première vraie série de la 356 avait une carrosserie en acier sur un châssis tubulaire à axe central. Les espoirs de production de Ferry Porsche étaient de 1500 unités pour cette auto destinée à faire revivre la compagnie ; ce sont plus de 78.000 Porsche 356 qui ont été produites en 17 ans.

Porsche eut d’ailleurs une autre manne financière sous forme de royalties sur les ventes de la Coccinelle, ce qui était loin d’être négligeable puisqu’il y en eut plus de 20 millions d’exemplaires produits.

Ferdinand Porsche visita l’usine de Wolfsburg en novembre 1950 pour la première fois depuis la fin de la guerre et s’intéressa beaucoup aux perspectives de la marque qui commençait à produire en grandes quantités.
Peu de temps après il eut un accident vasculaire cérébral dont il ne se remit pas et il mourut le 30 janvier 1951.

Il ne vit jamais la plus grande réussite de la firme qu’il avait créée, la Porsche 911.


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Notes

[1] Il ne faut pas confondre cette "Toujours Contente" de Porsche avec la "Jamais Contente" de Camille Jenatzy, elle aussi électrique, qui établit le premier record de vitesse au-dessus de 100 Km/h en 1899

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1 Message

  • Ferdinand Porsche - Biographie

    17 décembre 2007 13:37, par Amedee

    Un dossier interressant du Monde Diplomatique sur le sujet "Porsche et la Volkswagen" :

    http://www.monde-diplomatique.fr/1998/01/CLAIRMONT/9812

    Dommage que Porsche n’ai eu pour but que ses fins d’ingénieur, au mépris de tout ce qui existait autour ...

    Répondre à ce message


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